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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 16:29
un article
"Nos souvenirs ne reproduisent pratiquement jamais la copie conforme de l'événement tel qu’on l’a vécu. Même ceux que nous croyons justes ont subi des modifications au cours du temps.
Plus on se les rappelle, plus on les consolide, mais plus on les transforme aussi !

Entre la scène originale et son souvenir, il peut s'être écoulé des années.
Nos connaissances, nos croyances, nos affects ne sont plus les mêmes.
Le contexte a changé.
L’humeur dans laquelle on se trouve au moment de la « récupération » va leur donner une tonalité, une saveur différente.

Les souvenirs sont le reflet de notre personnalité, de notre moi.
Et nous les manipulons plus ou moins consciemment pour qu'ils soient en cohérence avec ce que nous pensons être.
Ce que nous retenons n'est donc pas anodin.

Le rôle de l’émotion-souvenir est subtil.
Disons qu'une émotion raisonnable aura un effet très bénéfique sur la mémorisation. Notamment sur la mémoire épisodique (les événements de notre vie).
Tandis qu'un traumatisme peut avoir des effets délétères. Il peut entraîner soit une concentration sur certains éléments de la scène (la focalisation sur l'arme d'un agresseur et non sur le personnage qui la tient, par exemple), soit conduire à une amnésie.
D'une manière générale, nous avons tendance à mieux retenir nos émotions négatives. Ce qui pose problème chez les sujets dépressifs, chez qui cela renforce la dépression. Cependant l'âge venant, il semble que l'on ait tendance à enjoliver nos souvenirs.

La quarantaine passée on conserve plus facilement des souvenirs anciens que récents parce que l'hippocampe, notre index à souvenirs, tout comme l'amygdale cérébrale, impliquée dans les émotions, adore la nouveauté. Et que dans la période de vie entre 10 et 30 ans il a l'embarras du choix. C'est le temps des premières fois : premier examen, premier amour, premier travail, premier enfant... Autant d'événements importants pour notre identité qu'on a rejoués dans notre tête plusieurs fois et qui se sont ainsi mieux « consolidés ».

On n'a guère de souvenirs de la très petite enfance, soit de 0 à 4 ans, du fait de l’immaturité du cerveau. Les hippocampes sont bien là, mais les lobes frontaux, qui sont les plus lents à se développer, demeurent immatures. Or ceux-ci sont importants dans les tâches de mémoire épisodique, comme nous le confirme l'imagerie cérébrale fonctionnelle.

C'est pourtant dans cette tranche d’âge, grâce à la mémoire sémantique qui fonctionne très bien, où on enregistre tout à une vitesse incroyable. Par contre l’enfant aura de la difficulté à se remémorer son vécu de la veille, il aura oublié la séquence des évènements. C’est ce qu’on identifie comme l’amnésie infantile qui, si elle perdure après l’âge de 5 ou 6 ans, peut signifier que l’on a à faire avec un phénomène de dissociation.

Quittons la petite enfance pour souligner que, d’une façon générale, le passé, le présent et le futur sont liés. En imagerie fonctionnelle, on a d'ailleurs montré que les zones du cerveau qui s'activent pour les souvenirs sont les mêmes que pour les projets. Et qu’il est normal et sain d’oublier.
Le but n'est pas de tout garder. La mémoire fait un tri et supprime les choses qui nous sont accessoires. La plupart de nos souvenirs sont donc destinés à être oubliés. Et c'est bien comme ça : pour être tourné vers l'avenir, il faut oublier."

Guy Hauray

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