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Face à un événement stressant, l’organisme se prépare à combattre ou à fuir. Les systèmes nerveux, hormonal et immunitaire se mobilisent : or, tous ont des effets sur nos intestins.
L’estomac noué, l’envie d’uriner, le ventre ballonné, la nausée… Qui ne l’a pas expérimenté un jour, à la veille d’un examen ou d’un rendez-vous important? Et pourtant les explications scientifiques ont tardé.
«Il y a encore quelques années, un chercheur invoquant le lien de cause à effet entre stress et troubles intestinaux serait passé pour un charlatan», explique le Pr Bruno Bonaz, gastro-entérologue et directeur d’une équipe de recherches à l’Institut des neurosciences de Grenoble. «Mais aujourd’hui, poursuit le scientifique dans un article paru au printemps dernier dans la revue Cerveau et Psycho,plus personne n’en doute: la recherche et la médecine ont révélé que le stress, compris au sens large du terme, provoque des troubles à la fois organiques et fonctionnels, notamment dans le système digestif.»
«La recherche et la médecine ont révélé que le stress provoque des troubles, notamment dans le système digestif.»
Face à un événement de vie stressant, notre cerveau réagit pour préparer l’organisme à s’adapter. Seulement, si la situation perdure, il peut en perdre le contrôle.
Quand le stress est momentané, le cerveau met à contribution le cortex préfrontal, qui intervient entre autres en inhibant l’action de l’amygdale, une structure cérébrale impliquée dans la peur. Mais s’il se prolonge, l’amygdale finit par agir «à sa guise», avec toutes sortes de conséquences néfastes pour la santé, en particulier sur notre système digestif. Par exemple, l’estomac se vidange moins vite et le transit dans l’intestin grêle se trouve lui aussi ralenti. D’un autre côté, la motricité et la sécrétion du côlon sont stimulées, d’où des diarrhées. Enfin, les populations de bactéries qui siègent dans le tube digestif sont modifiées, de même que la perméabilité de la muqueuse intestinale. Résultat: des fragments de paroi des bactéries peuvent se glisser entre les cellules de la muqueuse et créer ainsi une inflammation.
Ces symptômes doivent leur origine aux systèmes nerveux, immunitaire et hormonal liant cerveau et intestin. En cas de stress, un réseau de nerfs, portant le nom de système nerveux sympathique, mobilise nos réserves d’énergie et fait travailler notre cœur à plein régime: héritage de l’évolution, il s’agit d’être prêt à fuir ou à se battre. Dans le même temps, un autre réseau nerveux est mis en sourdine. Le système parasympathique, et notamment le nerf vague, qui détend les muscles, ralentit le cœur et augmente la vidange des intestins, voit alors son action inhibée. L’un de ces nerfs reste toutefois actif. Et comme il commande la vessie et le rectum, l’envie d’aller aux toilettes se fait pressante en cas de stress.
En cas de stress, un réseau de nerfs mobilise nos réserves d’énergie et fait travailler notre cœur à plein régime : héritage de l’évolution, il s’agit d’être prêt à fuir ou à se battre.
Ce n’est pas tout: les deux systèmes, sympathique et parasympathique, contrôlent certaines réactions de notre système de défense immunitaire. D’où d’autres symptômes, encore… Le système sympathique stimule la production de molécules qui déclenchent des réactions inflammatoires. En temps normal, le système parasympathique modère cet effet, via la libération d’autres molécules. Mais en situation de tension psychique, son action se trouve entravée, ce qui explique l’inflammation des intestins et les douleurs abdominales.
À ces troubles s’en ajoutent d’autres, causés par certaines hormones. En cas de stress, l’amygdale déclenche une cascade de réactions et libère des hormones pour préparer l’organisme à agir: l’objectif est d’avoir suffisamment de carburant, c’est-à-dire de sucres, pour prendre ses jambes à son cou, avec un rythme cardiaque et un débit sanguin suffisants pour alimenter les muscles en énergie.
La libération dans l’organisme de certaines de ces hormones provoque des troubles intestinaux.
Mais leur action va au-delà, et ce n’est pas très favorable. Comme l’ont révélé plusieurs études, dont celles menées par l’équipe de Bruno Bonaz, la libération dans l’organisme de certaines de ces hormones provoque des troubles intestinaux. La preuve en a été faite par une expérimentation: injectées dans le cerveau de rongeurs, les dites hormones, baptisées CRF, provoquent des diarrhées.
On a également montré que les CRF et des substances apparentées s’opposent aux contractions de l’estomac, tout en augmentant la perméabilité de l’intestin, d’où des problèmes de vidange et des inflammations. Et l’on sait aussi qu’elles favorisent les contractions du côlon et stimulent ses sécrétions, étant ainsi à l’origine de douleurs abdominales et de diarrhée.
Et pourtant, tout le monde ne répond pas au stress en se tordant le ventre. De même, des maladies potentiellement aggravées par le stress, comme le syndrome de l’intestin irritable, ne se manifestent pas toujours de façon identique. Pour quelles raisons? «Les mécanismes de somatisation du stress sur le plan des viscères agissent via de nombreuses boucles de rétroaction comme dans un billard à plusieurs bandes, explique le Pr Bonaz. Après un certain nombre de rebonds, il est impossible de savoir exactement où la boule se trouvera, car chaque écart se trouve amplifié par les rebonds suivants.»
En pratique, on peut néanmoins faire face au stress et préserver de la sorte ses intestins en tentant de ne pas se laisser emporter par ses émotions, seul, avec le soutien d’un proche ou celui d’un professionnel pour y parvenir.
lu sur le figaro santé
lire ou relire :
http://memoiretsophrologie.over-blog.org/article-stress-immunite-102796308.html
coeur de l'hiver pour les chinois et non début
coeur de l'énergie eau
rein
moment crucial pour le signe Coq
mais
À partir de demain, les jours vont commencer à rallonger imperceptiblement, de plus en plus vite: nous gagnerons 4 secondes vendredi, puis 10 secondes supplémentaires samedi, 16 dimanche, 22 lundi, etc (si vous êtes curieux, vous pouvez continuer l'exercice chez vous avec cette table).
Mais, car il y a un mais, le Soleil se couche de plus en plus plus tard depuis le 13 décembre déjà... Seulement le jour continuait de se lever ENCORE plus tard. Au final, la durée totale du jour continuait ainsi à décroître légèrement. À partir de demain, en revanche, l'écart s'inverse. Le Soleil va continuer de se lever de plus en plus tard jusqu'au 2 janvier, mais le Soleil se couchera ENCORE un peu plus tard chaque jour. La durée du jour continuera donc de s'allonger.
Ce n'est qu'à partir du 3 janvier que le Soleil commencera à se lever plus tôt ET qu'il se couchera plus tard. Pendant plusieurs mois, le jour s'allonge un peu plus par le soir que par le matin. Puis le phénomène s'inverse début mars. Le jour s'allonge un peu plus par le matin que par le soir.
Comment expliquer ces décalages? Ce n'est pas tout à fait évident, ni à comprendre, ni à expliquer. Tant que nous vivions avec le Soleil, ce décalage n'existait pas. La matinée durait tout le temps que le Soleil monte à son zénith, l'après-midi tout le temps qu'il redescende. La durée de la matinée et et de l'après-midi étaient quasiment identiques toute l'année.
Mais depuis que les horloges battent la mesure, nous ne vivons plus avec le temps solaire. Nous utilisons un temps moyen, plus commode. Mais comme la Terre est penchée sur son axe et qu'elle décrit une ellipse autour du Soleil, le Soleil n'est pas au plus haut dans le ciel à la même heure chaque jour. Il arrive au zénith avec au maximum un quart d'heure d'avance ou de retard en fonction des périodes de l'année par rapport à notre temps moyen. Une courbe appelée «équation du temps» décrit cette évolution. Nous vous laissons méditer quelques instants dessus. En attendant l'équinoxe de printemps.
Des chercheurs ont prouvé que la méditation peut changer la structure de notre cerveau pour nous rendre plus attentifs, améliorer nos relations sociales et notre interaction avec l’environnement.
La méditation peut modifier la structure de notre cerveau pour nous rendre plus attentif, collaboratif et empathique, c’est du moins ce que démontre l’étude publiée dans le Journal Science Advance. Les neurosciences ont prouvé que notre cerveau change et s’adapte selon les expériences vécues toute au long de notre vie. Mais la plasticité de cet organe, au regard de nos expériences socioculturelles, reste encore bien mal connue.
Afin d’étudier si les activités sociales et surtout la méditation ont une influence sur la structure de notre cerveau, des chercheurs ont suivi un groupe de 332 personnes âgées de 20 à 55 ans. Durant 9 mois ces individus ont suivi trois modules de méditation de trois mois chacun. L’objectif étant de stimuler tour à tour trois régions du cerveau: le centre de l’attention et de la conscience, la région liée aux compétences socioaffectives et enfin la région sociocognitive du cerveau. Après chaque module, les chercheurs ont collecté et analysés les IRM et les tests comportementaux de ces individus.
Le premier module du programme s’est focalisé sur la capacité à être attentif au moment présent et sur l’introspection. Ces séances étaient basées sur des pratiques classiques de méditations par la respiration, la vision, le goût, le toucher ou encore la marche. Ces séances ont été complétées par des temps de contemplations, l’objectif étant d’atteindre «la pleine conscience».
Les IRM ont révélé que ces entraînements avaient majoritairement épaissi la région du cortex préfrontal. Cette partie du cerveau est impliquée dans des fonctions telles que le langage, la mémoire de travail, le raisonnement, les processus affectifs ou le traitement des conflits. D’après l’étude, ce changement de structure dans le cerveau par la méditation est à l’origine d’une amélioration dans l’application de ces taches quotidienne.
Les tests comportementaux de leur côté ont confirmé une nette amélioration des capacités d’attention des participants. La méditation pourrait donc, à l’avenir, jouer un rôle dans la prise en charge de l’hyper activité ou de pathologies liées au déficit de l’attention.
Le deuxième module avait pour objet de tester la capacité des participants à avoir de la compassion, à prendre soin des autres, ainsi que leur motivation à interagir en société et à gérer des émotions difficiles. Pour se faire, ils ont suivi pendant 3 mois des séances de méditation couplées à des exercices de communication verbale en duo.
Les entraînements ont provoqué une plasticité dans le cortex insulaire: cette région du cerveau encore méconnue participerait à notre conscience, à la formation de nos goûts. Elle jouerait par ailleurs un rôle dans nos possibles dépendances. Elle fait aussi partie du système limbique qui est quant à lui responsable de nos émotions comme la peur, l’agressivité ou le plaisir.
L’étude suggère que les exercices suivis durant ce module changeraient structurellement notre cerveau et induiraient des modifications comportementales. Au terme de ce module en effet, la majorité des personnes faisaient preuve de plus de compassion.
Le troisième module expérimenté était basé sur la «théorie de l’esprit». En sciences cognitives, elle désigne le processus permettant à chacun de reconnaître et définir un état d’esprit, qu’il s’agisse du sien ou de celui des autres. Plus largement, elle permet de comprendre qu’autrui pense différemment de nous-même. Cette aptitude nous permet entre autres de communiquer, collaborer ou encore apprendre.
Les séances visant à stimuler les fonctions sociocognitives ont été à l’origine de changements dans le gyrus frontal inférieur pour la majorité des participants. Cette région contribue au langage, particulièrement à son articulation et sa rapidité de prononciation.
Ces séances ont aussi épaissi la structure du lobe temporal, siège de la mémoire à long terme et de la mémoire dite auditive. Cette région du cerveau est aussi impliquée dans notre vécu émotionnel et donc dans notre façon de percevoir nos expériences, notre environnement ou notre entourage. Elle serait aussi responsable de notre capacité à distinguer le familier de l’inconnu. En améliorant la plasticité de cette région du cerveau, les chercheurs espèrent pouvoir instaurer de nouveaux protocoles de soins pour des pathologies comme l’autisme ou la schizophrénie.
Les résultats de cette recherche pourront, à terme et plus largement, contribuer au développement de la méditation dans des secteurs tels que l’éducation, les milieux hospitaliers, les entreprises. L’objectif étant de développer notre intelligence sociale, notre coopérativité et notre motivation à interagir avec autrui.
N'oubliez pas les séances de découverte de pleine cosncience
La douleur, tout le monde sait ce que c’est. Cependant, pour la science, cela reste une notion complexe. La douleur est avant tout une expérience personnelle avec une dimension affective et cognitive (mémoire, concentration, attention) pour laquelle il n’existe pas de marqueur indiscutable. On a cru pouvoir se tourner vers l’imagerie cérébrale moderne (IRM fonctionnelle et autre Pet-Scan), pour «voir de l’extérieure» la douleur ressentie par un individu, mais les scientifiques ont dû rabattre leurs prétentions. En réalité, toutes les douleurs ne sont pas visibles à l’imagerie médicale et lorsque c’est le cas, elle n’est pas ressentie de la même manière par deux personnes.
Il n’empêche que les nombreux travaux menés ces vingt dernières années grâce à l’imagerie cérébrale ont confirmé ce que chacun sait intuitivement: Le contexte et son impact psychologique peuvent moduler la douleur dans un sens et dans l’autre. Les neuroscientifiques parlent de voies nerveuses ascendantes, pour la douleur qui remonte d’un endroit du corps malmené (stimulus douloureux), et de voies descendantes pour celles qui partent du cerveau (pensées, émotions, mémoire etc.) pour venir moduler la douleur. Comme si les deux influx se rencontraient pour décider de l’intensité et du caractère plus ou moins déplaisant du message sensoriel envoyé par le corps.
Une modulation du cerveau qui peut donc amplifier ou atténuer la douleur. L’atténuer, lorsque l’on anticipe par exemple les bienfaits d’un massage profond. L’amplifier lorsque l’on est victime de douleurs chroniques, comme c’est le cas dans la fibromyalgie. D’ailleurs, même en l’absence de tout stimulus douloureux, des zones de la douleur peuvent s’activer dans le cerveau, en cas de fibromyalgie. Encore faut-il être prudent car la douleur a un effet très large sur le cerveau, au-delà de ces zones spécifiques. Là encore, il suffit d’avoir mal quelque part pour savoir que les capacités du cerveau à se mobiliser sur une tâche quelconque sont sérieusement compromises.
Ce qui est intéressant avec cette meilleure connaissance de la modulation cérébrale de la douleur, c’est qu’elle peut être utilisée au bénéfice de la personne qui souffre. De nombreuses thérapies non médicamenteuses reposent sur la modulation des circuits cérébraux de la douleur, soit à base de relaxation, massage ou autres manipulations physiques, soit visant directement le cerveau: thérapies cognitives comportementales, gestion des émotions. Cette dernière approche vient de montrer des résultats très intéressants pour la fibromyalgie dans une étude américaine que nous avons évoqué le 17 octobre lors de l’émission Toc Toc Docteur «spécial fibromyalgie».
Lorsque quelqu’un se plaint d’avoir mal est-il possible d’utiliser l’imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle, Pet-scan, EEG etc.) pour dépister les simulateurs? C’est la question que se posent parfois la justice, lorsqu’elle est saisie, ou les assureurs, lorsqu’ils doivent payer. Un groupe d’experts, incluant non seulement des praticiens mais aussi des juristes et des spécialistes de l’éthique médicale, a été mis en place par l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP) pour y répondre, mais en ajoutant celle-ci: Si c’est possible, est-ce souhaitable?
Ils viennent de publier leurs conclusions après deux ans de travail, dans la revue scientifique «Nature reviews Neurology» et mettent en garde contre cette tentation techno-intrusive: «Sur la base de ce que l’on sait aujourd’hui, l’imagerie cérébrale n’est pas suffisamment fiable pour être utilisée comme détecteur permettant d’appuyer ou de contredire ce que dit un individu», écrivent-ils. Autrement dit ces outils de visualisation de la douleur doivent rester des outils de recherche. Et le jour où les progrès le permettront? Les experts craignent le pire: «La disponibilité d’un test le rendrait de facto incontournable dans la pratique, si non dans la loi».
Le développement d’un test est pourtant inéluctable. Car si chacun d’entre nous a une idée assez précise de ce qu’est la douleur, les choses se compliquent dès qu’il s’agit d’estimer celle qui est ressentie par quelqu’un d’autre. Ce qui peut être très ennuyeux en médecine. Bien sûr, en pratique, il suffit de poser la question. C’est d’ailleurs ce qui font couramment les soignants, y compris en interrogeant les enfants grâce à des petits dessins de visages plus ou moins souriants ou grognons (échelle visuelle analogique). Mais l’idéal serait de disposer d’une mesure objective (indépendante du sujet), par exemple un capteur indiquant le niveau de douleur ressenti. «Un tel test serait particulièrement utile pour des personnes incapables de verbaliser (par exemple des enfants ou adultes qui sont handicapés, très jeunes ou déments), dans le cas où il y a un décalage entre le comportement d’une personne et ce qu’elle dit, et aussi pour personnaliser la prise en charge», écrit le groupe de travail de l’IASP.
INTERVIEW - Le Pr Serge Perrot est rhumatologue au Centre d'étude et de traitement de la douleur (CETD) de l'Hôtel-Dieu, à Paris.
Le Figaro. - Vous traitez dans votre service des patients atteints de douleurs persistantes, résistantes à tout traitement. Quand vous les recevez, intégrez-vous toujours l'idée qu'il y a une part psychologique à leur mal?
Serge Perrot. - Bien sûr! Je dis toujours: «La douleur, c'est dans la tête…» en ajoutant vite «… mais ce n'est pas psychologique.» Car le siège des sensations douloureuses se trouve dans le cerveau, qui décode les messages envoyés par les terminaisons nerveuses. Cette zone de la douleur est très proche de celles qui régissent le sommeil, l'anxiété, la dépression… Et l'on sait que le risque est un débordement de l'inflammation à toutes ces dimensions. Cela n'est donc pas seulement psychologique. Il est aussi évident que dès qu'une personne a mal, cela concerne à la fois ses sensations et sa vie émotionnelle. Nous l'avons tous expérimenté: lorsqu'on va se faire arracher une dent dans une période où tout est heureux dans notre vie, la douleur de l'opération est bien moindre que lorsque nous sommes dans une situation précaire ou contrarié par une difficulté affective… Mais il faut toujours croire celui qui a mal. C'est cet entrelacement de toutes ces dimensions qui rend la douleur souvent complexe. Elle reste d'ailleurs dans de nombreux cas une énigme.
Qu'est-ce qui la rend si complexe?
D'abord, c'est une expérience invisible. Alors qu'on peut mesurer le taux de glucose chez un diabétique, il n'y a pas de marqueur biologique chez la personne douloureuse, qui en est alors réduite à expliquer son mal par la parole et le langage corporel. Ses messages sont ensuite reçus par un entourage qui a lui aussi ses codes quant à la définition du mal… Multiple, psychosomatique, la médecine de la douleur est donc une médecine de la complexité qui, dans la prise en charge d'une personne, doit toujours évaluer la part du fonctionnel, du psychologique et du social.
Quelles sont vos armes les plus à la pointe pour aider vos patients?
Nous avons mis en place des groupes d'éducation thérapeutique pour ces patients douloureux. Ils se retrouvent, ainsi que des soignants, pour échanger sur leur expérience, leur manière de vivre avec la douleur. Nous les aidons en leur donnant des pistes pour gérer leur stress, les protocoles médicamenteux, l'activité physique qu'ils peuvent envisager… Comme ces patients souffrent notamment de l'incommunicabilité de leur mal et d'un grand sentiment d'injustice («Pourquoi ne puis-je, moi, en finir avec cette sensation persistante?...»), nous travaillons sur ces deux notions, qui nous amènent aussi à les aider à redonner du sens à leur vie.
Pourquoi?
La douleur a horreur du vide. Elle aime gagner du terrain dans une existence qui a du mal à reprendre ses droits. Nous invitons donc nos patients à remplir leur vie, quoi qu'il se passe: continuer à bouger quand c'est possible, trouver des stratégies pour accomplir ce qui leur tient à cœur… Chaque personne est différente sur cette question, aussi faut-il être créatif au cas par cas. La douleur rend humble car, avec chaque patient, c'est une nouvelle aventure.
voir
http://memoiretsophrologie.over-blog.org/2017/11/emission-a-voir.html
INTERVIEW - Avec pédagogie et humour, ce forestier allemand explique à quel point les arbres ont un comportement social, communiquent entre eux et sont solidaires.
Peter Wohlleben est un forestier d'un genre particulier: de simple gestionnaire économique ne pensant qu'à la valeur marchande des arbres, il est devenu un gestionnaire amoureux, aujourd'hui en charge d'une forêt de la région de l'Eifel, en Allemagne. Après avoir lu son livre, La Vie secrète des arbres (Les Arènes, mars 2017), on ne peut plus se promener en forêt comme avant…
LE FIGARO. - Quelle est votre vision des arbres?
Peter WOHLLEBEN. - Soit on regarde la nature comme une machine, ce qui est la tendance depuis deux ou trois cents ans, soit on se dit qu'il n'y a aucune raison que la nature fonctionne à l'identique pour des millions d'espèces à l'exception d'une, l'homme, qui serait seul capable de sentir ou de penser. Les forêts sont des organisations structurées comme le sont les fourmilières. Les arbres ont un comportement social. Ils communiquent entre eux, émettent des odeurs, sont solidaires…
Comme pour tout, nous ne comprenons pas qu'avec notre seule intelligence mais aussi avec notre cœur. Un exemple: un arbre est connecté avec ses jeunes pousses qui sont alimentées par les racines avec des solutions sucrées. C'est un procédé compliqué, qui ne doit rien au hasard. Si vous le racontez en expliquant qu'une mère arbre «allaite» ses enfants, tout le monde comprend immédiatement.
Pourquoi un arbre naturel survit-il mieux qu'un arbre planté?
Un arbre planté ne va pas pousser comme il faut car ses racines auront été coupées. Quand vous plantez un pommier de deux mètres de haut, le système racinaire a un diamètre d'environ 4 mètres. Mais en coupant les racines, on sectionne toutes les cellules du «cerveau» de l'arbre. Le système racinaire récupérera, mais jamais comme avant. Une tempête suffit à déraciner ces handicapés.
Vous parlez de la complainte des arbres de ville, mais en même temps ils rendent les plus grands services.
«On ne plante pas des arbres en ville pour les aider mais pour nous aider. Et c'est très bien. Mais si vous mettez beaucoup d'espèces différentes ensemble, c'est un zoo d'arbres qui ne s'aiment pas»
On ne plante pas des arbres en ville pour les aider mais pour nous aider. Et c'est très bien ainsi. Mais si vous mettez beaucoup d'espèces différentes ensemble, alors c'est un zoo d'arbres qui ne s'aiment pas. Si vous voulez aider les arbres en ville, par exemple un chêne, vous devez planter des glands autour de lui pour qu'il ait sa propre famille.
Mais, dans la nature, la compétition entre arbres n'est-elle pas sévère?
Il y a effectivement peu d'élus. Pour un hêtre, une graine sur deux millions environ deviendra un arbre ; une sur un million pour les peupliers ou les saules… Mais les grands arbres ne se combattent pas, ils s'entraident. Éclaircir les forêts pour permettre aux arbres de pousser plus vite est une erreur. Au contraire, ils aiment grandir ensemble.
Ne faites-vous pas un peu de provocation en expliquant qu'il vaut mieux protéger les petits organismes que les grands mammifères?
«Les grands arbres ne se combattent pas, ils s'entraident»
Les micro-organismes ou les tout petits insectes sont au début de la chaîne alimentaire comme le plancton dans la mer. Si ce chaînon manque, tout s'écroule. Mais ce petit monde est moche, et personne n'imagine de parcs nationaux pour le protéger.
Peut-on récupérer l'énergie des arbres en les embrassant?
Ceux qui font ça ne posent pas de problème. Mais les arbres sont très lents. Quand ils émettent des signaux électriques, ceux-ci avancent au mieux d'un centimètre par seconde. Donc, si vous attendez de recevoir de l'énergie, il faut les entourer très longtemps!
Tous les arbres du monde fonctionnent-ils de la même manière?
«Le changement climatique est mauvais pour l'agriculture, pour les hommes, mais pas pour les forêts primaires»
Les arbres doivent attendre deux cents ou trois cents ans pour être adultes et c'est partout pareil dans le monde. Au Brésil, on pense toujours que les arbres poussent très vite. C'est vrai dans les exploitations car on les coupe au bout de vingt-cinq ans, mais dans la forêt primaire ils ont besoin de plusieurs siècles pour devenir grands.
Le changement climatique est-il une menace pour les forêts?
C'est mauvais pour l'agriculture, pour les hommes, mais pas pour les forêts primaires. Une forêt primaire composée de hêtres peut, lors des chaudes journées, abaisser la température de 3 °C de plus qu'une forêt cultivée. Dans les forêts naturelles, la canopée bloque les rayons du soleil.
Un arbre a toutefois besoin d'énormément d'eau pour survivre…
Un arbre absorbe jusqu'à 500 litres d'eau par jour. Sous les racines, le sol en hiver peut emmagasiner jusqu'à 25 mètres cubes, ce qui est suffisant pour faire face à cinquante jours de forte chaleur sans pluie. Mais, là où circulent des gros engins agricoles, le sol est compacté et la possibilité de conserver de l'eau est réduite à 5 % pour des milliers d'années.
Quel message voulez-vous faire passer?
Amusez-vous avec les arbres! Ils sont comme des éléphants. Ils ont des familles, se soucient les uns des autres, ils ont de la mémoire et ils sont très lents. Quoi de mieux pour se ressourcer dans notre monde ultrarapide?
le figaro
voir
http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/29/lecon-de-bonheur-des-arbres_5135312_3232.html
voir
https://www.youtube.com/watch?
"Le morceau musical Weightless, littéralement "en apesanteur" ralentit le rythme respiratoire et réduit l’activité du cerveau à un tel point que des chercheurs affirment qu’il s’agirait de la musique la plus relaxante du monde.
Composé par Marconi Union (un groupe de Manchester), le morceau Weightless serait le fruit de la collaboration entre le groupe de musique et des professionnels de la thérapie par le son. Le but étant de tirer le meilleur parti des harmonies, des rythmes et des lignes de basse.
Cette musique de huit minutes alternant des rythmes ressemblant aux battements du cœur, réduit la pression sanguine et baisse les niveaux de stress allant jusqu'à provoquer des effets de somnolence. Le morceau Weightless s’est avéré 11% plus relaxant que n’importe quelle autre chanson utilisée.
Elle produirait une baisse de l’anxiété de 65%. Le rythme de la musique passe de 60 pulsations par minute et ralentit progressivement à 50 pulsations par minute. Pendant qu’on écoute ce morceau, le rythme cardiaque se calerait sur ce rythme.
Les vertus apaisantes du morceau musical Weightless ont été prouvées par des scientifiques après avoir mené une étude sur 40 femmes en prenant en compte leur fréquence cardiaque, pression artérielle, respiration et activité cérébrale."
10 h de musique
https://www.youtube.com/watch?